Conglomérats Cognitifs

Un conglomérat cognitif correspond à la fois à la psychographie (trace mémorielle ou égrégorique sur le substrat subtil de la mémoire du monde) d’un peuple d’une nation, d’une culture, et à l’environnement subjectif des êtres vivants. Cela concerne aussi le territoire du rêve, des traditions ainsi que du rapport cognitif direct au monde. Selon les différentes articulations des principes de réalité dans l’histoire de l’humanité, les conglomérats cognitifs constituent tout autant une interface de représentation qu’une réalité autonome. lire >>>

Sociétés archaïques

La société archaïque développe un rapport au monde, au rêve et aux ancêtres. A travers cette mécanique, le monde des rêves est aussi réel que la perception du monde phénoménal. A travers une technologie de l’esprit qui se base sur la ré-appropriation du corps, des rythmes naturels et de l’initiation, l’individu de la société archaïque s’inscrit dans un système de lecture magique du monde.

Le monde étant sacré par essence, ainsi que tous les éléments et entités qui le composent, par conséquent le monde devient langage. Ce monde ainsi que sa contrepartie invisible est accessible au chaman qui en reconnait le langage. Son exploration participe le plus souvent d’un processus de guérison. lire >>>

Les "Archives Akashiques"

Dans la tradition Hindoue, les Archives Akashiques regroupent la mémoire énergétique de tous les êtres qui ont vécu et qui vivent sur la surface de la Terre, voir dans l’environnement galactique ou Universel. Ainsi chaque évènement est porteur d’un substrat informationnel et énergétique qui vient s’inscrire dans une bibliothèque qui constitue la mémoire du monde. Cette bibliothèque, qui se situe dans un environnement éthérique, est consultable par les opérateurs de l’esprit qui puisent dans un réservoir de connaissance illimitée. lire >>>

Les Champs Morpho-Energétiques

Ruppert Sheldrake met en évidence les champs morpho-génétiques ou bio-morphiques comme substrats mémoriels relatifs a chaque espèce vivante. Ainsi tout individu du règne végétal, animal et humain est relié inconsciemment à ce réservoir de connaissance. D’un autre point de vue, les êtres biologiques rayonnent de l’énergie, et cette énergie peut entrer en résonnance avec nos environements électroniques comme Internet ou dispositifs électroniques. lire >>>

Interfaces Technologiques

Les interfaces technologiques du monde moderne participent à l’extériorisation des conglomérats cognitifs de la société. La société technologique de ce fait est en voie de devenir une société psycho-technologique. Dans le monde occidental industrialisé, nous participons directement ou indirectement à un rite global de mutilation. Non seulement nous démocratisons la rupture avec l’écosystème, mais aussi la rupture avec nos traditions funéraires. Par conséquent nous utilisons une interface de représentation technologique afin de combler ce manque qui devient existentiel. lire >>>

Incarnation de la Virtualité

Tout ceci participe à une logique d’incarnation des plans subjectifs, de notre inconscient et des conglomérats cognitifs. Bien que le support de la connaissance humaine s’ « éthérise » de plus en plus avec le support électronique, on assiste à la volonté d’incarnation de la virtualité électronique non seulement dans la psyché mais aussi dans le corps. La corporalité en rapport au développement invasif des technologies de synthèse se confond dans l’amalgame trans-humaniste. L’extériorisation bio-technologique du corps correspond dans cette vision à l’incarcération de sa conscience. lire >>>

Considérations

La radicalisation de la perception psycho-technologique du monde, la "gadgetisation" cybernétique, et les déclinaisons continues du "nucleus" noumènique de notre psyché, invitent à évaluer l’état de notre évolution au sein de ce qui semble être un cycle d’incarnation et de désincarnation. La rupture avec le mode de représentation propre aux sociétés archaïques, et par conséquent son rafraîchissement digital, ne fait que souligner ce phénomène.

Le postulat de l’"incarnation" progressive de notre psyché et de nos conglomérats cognitifs à travers nos outils technologiques ne connait qu’une finalité inéluctable, celle de la convergence de la Singularité technologique: l’oméga technologique.

Ce point ultime, virtuellement de "non-retour" peut certainement soulever la question de la coexistence de l’humanité avec une l’intelligence artificielle auto-pensante, "omnisciente" et capable de se répliquer. Mais avant tout, nous pouvons dès à présent soulever la question, d’un point de vue métaphysique, du support de la conscience, et transversalement de sa nature.

Si du point de vue de la physique quantique, l’observateur transforme la nature de l’objet de son observation, et si ces mécanismes se retrouvent au sein même de l’architecture cérébrale de notre conscience (microtubules et effondrement de la fonction d’onde), il est légitime de se poser cette question fondamentale: alors qui ou quoi nous observe?

...pour que nous existions en tant qu’êtres pensants.

Le mental et l’égo ne sont-ils à leur tour que des interfaces?

Au sein de l’obscurantisme éblouissant et de son ombre d’amnésie qui caractérise notre époque moderne, les courants de pensée positivistes et matérialistes, qui défendent l’idée de progrès ne peuvent longtemps duper le noyau imputrescible de l’âme humaine. C’est pourquoi le nihilisme, enfant du dégout, à travers l’histoire des civilisations humaines, en a toujours été la conséquence la plus intègre. Et c’est pourquoi l’ère digitale, privée de la considération indispensable de la nature de la conscience humaine, est d’un point de vue épistémologique, fondamentalement nihiliste.

Le processus de coagulation de nos conglomérats cognitifs à travers nos technologies de l’information et de communication est en voie de se finaliser et d’entamer une double phase volatile et tangible. De ce fait le miroir paradoxalement dense de la représentation électronique du monde semble indiquer un point de virtualisation critique du Réel. Ce n’est peut-être pas une finalité en soi, au sein d’une évolution cyclique de l’aventure humaine, mais manifestement le signe d’un basculement paradigmatique imminent.

Horia Cosmin Samoila, 2007